Vendredi 5 décembre 2008
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La plupart des politiques volontaristes des pays dits civilisés sont basés sur ce que j'appellerais la morale humanitaire ou plutôt la
"conscience planétaire", sans que les grands de ce monde aient véritablement compris (ou en tous cas feignent de l'ignorer) qu'au final, il n'y a qu'un seul Dieu... le Dieu pognon.
Alors on table sur l'infinie bonté de la poignée des gens qui "comptent" vraiment, ceux qui défont des dizaines de milliers de vies
d'un simple abaissement de pouce, en leur demandant gentiment.. Les Monsanto, les industriels de l'Agroalimentaire, les magnats de l'énergie et ceux qui tiennent les vraies cordons de la bourse
:
"Messieurs, la planète va mal ! Il faut que vous fassiez un petit effort. Pour les pauvres, contre le réchauffement global, pour
une meilleure répartition des ressources."
Il n'est plus possible (et là... c'est moi qui rajoute...), au nom de ce que l'on appelle pudiquement le libéralisme économique, juste pour que certains nantis le soient encore plus, à l'infini
ai-je envie de dire, d'empoisonner des bébés à la mélamine. Il n'est pas possible de continuer à déforester des pays entiers pour commercialiser des meubles qui ne serviront que peu, de décapiter
les quelques rares espaces naturels qui nous restent sur cette planète (les pôles, les forets brésiliennes et d'Asie du Sud-Est).
On leur demande gentiment pourtant de faire des efforts... et ils nous répondent, le sourire carnassier au coin des lèvres, en punaisaisant de futurs marchés sur des cartes accrochées aux murs.
Ce qui est bien pratique, finalement, c'est que lorsque l'on dénonce le capitalisme, personne ne se sent personnellement visé. On continue donc de pousser l'exploitation de tout ce qui peut
l'être, jusqu'à sa quintessence. Lorsqu'un pays est exsangue, on passe au suivant, lorsque l'on considère qu'une usine ne rapporte plus assez... on délocalise chez le voisin. Les 500, 1000 ou
5000 personnes sur le carreau ne sont considérées que comme quelques dégâts collatéraux qui méritent à peine un froncement de sourcil.
Et pendant les "travaux"... les ventes continuent. Les happy few, une fois bien nantis, boursicotent et spéculent, pour le devenir encore plus. Et là, le serpent se mord la queue. Lorsque l'on a
mis les populations des pays dits "riches" à genou en désertifiant leur tissu industriel et économique et que la "crise" pointe... on contraint ces mêmes populations à contribuer à "l'effort de
richesse" de cette minorité, non pas de gré mais plutôt de force en usant de persuasion auprès d'Etats, mi-compatissants, les aides allouées seront récupérées sur le PIB d'une manière ou d'une
autre...
"Comprenez-nous Messieurs les présidents... il faut renflouer nos caisses, le capitalisme n'est peut-être pas parfait, mais c'est tout ce que nous pouvons proposer...". Ben voyons !
Jusqu'au jour où la crise, de financière, deviendra sociétale, et tout l'argent du monde ne servira plus puisqu'il n'y aura plus rien à acheter. Le jour où, à force de puiser sans aucune
restriction, et sur tous les plans, ces happy few auront terminé de transformer ce qui reste du "progrès" post industriel en... désert !
Et on en est plus très loin.
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